Le Pictorialisme

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Le Pictorialisme

Message par IsurO le Sam 7 Jan - 8:22

Papier à l'albumine

Il s'agit là d'un procédé de tirage à la lumière du jour utilisant de l'halogénure d'argent et du sel d'argent en excès dans une couche d'albumine (blanc d'œuf). Les sels d'argent donnent une image visible par action de la lumière au cours du tirage; on peut améliorer la couleur de l'image par virage à l'or ou à d'autres sels de métaux précieux. Comme la couche image pénètre quelque peu dans les fibres du papier, l'image ressemble un peu à une gravure. Ce procédé a été très en faveur pour le portrait.
Procédés à la colle bichromatée
Ce groupe couvre tous les procédés utilisant un collodion organique qui a été sensibilisé à la lumière par immersion dans une solution de bichromate. Les collodions utilisés compren
vent la gélatine, la gomme arabique et même la colle de poisson. La surface sensible de tirage est exposée derrière un négatif à la lumière du jour, l'exposition étant en général contrôlée au moyen d'une sorte de photomètre. L'action de la lumière sur le bichromate produit des composés qui tannent le collodion en fonction de l'intensité de la lumière. Sous les plages claires du négatif - correspondant aux parties sombres du sujet - la couche de colloïde est fortement tannée et, sous les plages denses du négatif - plages claires du sujet - elle reste non tannée ou légèrement tannée. Ce tannage ressemblant à l'image constitue une sorte d'image latente; la manière dont ce tannage différentiel est transformé en une image visible dans les différents procédés au bichromate procure différentes possibilités de contrôle de l'image. Ces procédés comprennent les méthodes de tirage par pigment, les épreuves au charbon, les épreuves à la gomme et le procédé à l'huile.

Tirage bromoil

Une épreuve au bromure d'argent est blanchie dans une solution qui tanne la gélatine dans les plages comportant l'image argentique, et cela en fonction de la densité de ces plages mêmes. On plonge alors la couche de gélatine dans l'eau, les plages non tannées (valeurs claires de l'image) absorbent beaucoup d'eau tandis que les plages tannées (valeurs sombres) de l'image en absorbent proportionnellement moins. L'excès d'eau est éliminé de la surface de l'épreuve et cette dernière est traitée par un pigment à l'huile. Ce pigment «prend» sur les plages de l'image en proportion inverse de l'eau retenue par la gélatine: les régions de la couche qui ont absorbé beaucoup d'eau acceptent peu de pigment, les plages qui ont absorbé peu d'eau retiennent beaucoup de pigment. Une image est, par conséquent, formée avec une gamme de valeurs correspondant à celles de l'image au bromure d'argent mais uniquement constituée par un pigment à l'huile et procurant différentes possibilités d'appliquer des techniques de contrôle local des valeurs. La couleur de l'image dépend du choix du pigment et l'on peut obtenir des valeurs très soutenues. Le procédé fut inventé autour de 1907 et devint peu après fort populaire.

Transfert bromoil

Ce procédé est basé sur une épreuve bromoil, mais l'image pigmentée est utilisée comme matrice de tirage : le pigment utilisé est transféré par pression sur un papier nu non couché. Pour augmenter la gamme des valeurs ou pour l'ajuster, on peut transférer plusieurs images bromoil en repérage, ce qui apporte un accroissement du contrôle du rendu des valeurs. (Utilisé depuis 1915 environ comme le dernier procédé de «contrôle».)

Procédé au charbon

Ce fut longtemps un nom générique pour les procédés de tirage par pigment parce qu'à l'origine l'image était constituée par du noir de fumée finement divisé. Plus tard, ce nom fut utilisé pour différents procédés à la colle bichromatée dans lesquels les épreuves pigmentaires étaient obtenues sans transfert, par exemple le procédé au charbon de Buhler, le procédé Fresson, le procédé Artigue, les épreuves Hôchheimer, etc. Pendant longtemps, Misonne a tiré des épreuves au charbon par le procédé Fresson.

Epreuves carbro

Une épreuve au bromure d'argent est pressée contre un papier pigmenté ou un tissu au charbon (voir épreuves pigmentaires) trempé dans une solution contenant du bichromate et d'autres produits chimiques. Ce bain blanchit l'image argentique de l'épreuve au bromure et, en même temps, tanne la gélatine de la couche pigmentaire en contact avec l'épreuve. Ce tannage image correspond exactement à la gamine des valeurs de l'épreuve bromure. La couche pigmentée (tissu au charbon) est transférée sur un papier à couche de gélatine et développé dans l'eau chaude qui dissout et enlève la gélatine non tannée. Le résultat est une épreuve purement pigmentaire. Cela ne permet naturellement pas d'atteindre l'extension de la gamme des valeurs due aux épreuves au charbon (le principal avantage de cette dernière); au mieux, la gamme des valeurs de l'image carbro est la même que celle de l'épreuve bromure d'origine. Le nom «carbro» dérive de carbone et bromure. Le procédé fut inventé aux alentours de 1898 et dénommé Ozobrome.

Papiers au chlorobromure

Ce sont des papiers d'agrandissement ou de tirage par contact contenant à la fois du chlorure d'argent et du bromure d'argent, et que l'on manie de manière analogue au papier bromure. Leur capacité a donné une large gamme d'images à tons chauds par des procédés spéciaux d'exposition et de développement qui ont rendu les papiers au chlorobromure très populaires en photographie artistique. En les développant sans précaution, on obtient en général une image noire à tons chauds.

Collodions

Papier de tirage à la lumière du jour, utilisant du collodion comme support des sels d'halogénure d'argent. Il donne en général des épreuves glacées, brillantes et nettes, et fut longtemps en faveur en photographie commerciale pour ses qualités de reproduction particulièrement précises de sujets architecturaux, industriels et autres. Les photographes portraitistes l'ont aussi utilisé pour leurs épreuves par contact.


Procédé de la gomme Bichromatée

Il s'agit d'un procédé aux colloïdes bichromates utilisant la gomme arabique coin me colloïde. Un mélange de gomme, de pigment et de bichromate est couché sur un papier; on tire ensuite celui-ci par contact en lumière du jour à partir d'un négatif grand format. Après exposition, les plages non tannées de gomme et pigment sont lavées au moyen d'un jet d'eau. L'image résultante est de caractère grossier et ne présente pas une longue gamme de valeurs.
Le but de ce procédé, tel qu'il fut pratiqué par exemple au début par Demachy, peut être amélioré par l'emploi de différentes couches de gomme et bichromate. La première image obtenue est couchée avec une seconde couche de gomme - pigment - bichromate et exposée une seconde fois en repérage exact avec la première image. Cela peut se répéter plusieurs fois. La composition des couches et le degré d'action de la lumière peuvent permettre à chaque couche de reproduire une partie différente de la gamme des valeurs, si bien que le photographe dispose d'un contrôle complet de la reproduction des valeurs et peut utiliser uniquement des valeurs choisies de toute la gamme des valeurs photographiques. Plus tard, on utilisa aussi différents pigments pour les différentes couches. Les diverses étapes (lu développement procurent encore d'autres occasions de contrôle pour donner une épreuve plus riche. Le procédé à la gomme bichromatée fut en faveur parmi nombre de photographes connus aux environs du début du siècle.

Procédé à l'huile

Un papier comportant une couche de gélatine relativement épaisse et sensibilisée dans une solution de sels de bichromate est tiré par contact en lumière du jour derrière un négatif. Cela conduit à un tannage - image de la gélatine - les hautes lumières de l'épreuve étant moins tannées et les plages sombres plus tannées. Par immersion dans l'eau, la gélatine absorbe plus ou moins d'eau, en fonction de son degré de tannage. A partir de là, le procédé à l'huile est traité comme un bromoil : l'image de relief invisible est «développée» avec un pigment huileux appliqué à la surface de la couche de gélatine humide avec une brosse dure ou un rouleau. L'image finale n'est constituée que par un pigment imprégné dans la couche de gélatine. Ce procédé, connu aussi sous le nom de procédé par pigment à huile, est connu depuis environ 1904 et fut, comme le procédé bromoil, en faveur auprès des photographes connus.

Transfert à l'huile

Dans ce cas, l'image de pigment gras obtenue dans le procédé à l'huile est transférée sur un papier non couché par pression dans une presse à gravure. En superposant plusieurs transferts d'images à l'huile, il est possible d'étendre ou (le modifier la gamme des valeurs et d'arriver à une reproduction plus riche des valeurs.

Procédé ozobrome

Cette méthode de transformation de la gamme des valeurs d'une épreuve au bromure en image pigmentaire au moyen d'un tannage différentiel a été très connue sous le nom de tirage carbro.

Ozotype

Dans cette version ancienne du procédé carbro, la couche de gélatine pigment pressée au contact d'une épreuve bromure (et tannée différentiellement tandis que ]'image argentique était blanchie) était développée par lavage de la gélatine non tannée et laissée en contact avec le support de l'épreuve originale au bromure. En d'autres termes, l'image de gélatine pigment n'était pas transférée comme dans le procédé carbro.


Tirage aux colorants

Dans les procédés aux colorants, l'image est constituée par un relief de gélatine contenant un ou plusieurs colorants. Le plus souple de ces procédés fut le procédé au charbon qui utilisait une couche de gélatine pigmentée disposée sur un support papier. Après sensibilisation par immersion dans une solution de bichromate, ce papier pigmenté était exposé en contact avec un négatif. Pour obtenir de grandes épreuves au charbon, il fallait réaliser des négatifs agrandis à partir des négatifs originaux de format plus petit. L'action de la lumière tanne la couche pigmentaire, produisant ainsi une image en relief de gélatine tannée. La gélatine non tannée ne pouvait toutefois pas être lavée directement, puisque les plages non tannées étaient celles qui étaient en contact avec le support papier; par développement direct, les plages tannées seraient éliminées partout où il restait au-dessous une couche de gélatine non tannée. Toute l'image est donc d'abord transférée sur un second support, et l'on pellicule le support original. A ce moment, la gélatine non tannée se trouve partout au-dessus et la gélatine tannée au contact du nouveau support. Le stade de traitement proprement dit consiste alors à laver la gélatine non tannée à l'eau chaude. Comme l'étape du transfert inverse l'image de droite à gauche, le négatif agrandi est tiré à l'avance, inversé latéralement ou bien, lorsqu'on tire l'épreuve au charbon à partir du négatif original, on transfère une nouvelle fois la gélatine après développement.
Le procédé au charbon donne la gamme des valeurs la plus étendue et la plus exacte de tous les procédés photographiques positifs. Il a une courbe caractéristique droite et offre une grande variété de couleurs. On peut même choisir le support papier final, par exemple un papier à grain pour les épreuves grand format. Dans le tirage au charbon, la gamme des valeurs ne peut être contrôlée que par déplacement de toute l'échelle des valeurs, ce qui n'est possible que dans des limites étroites.

Platinotype

C'est un procédé de tirage utilisant des sels de fer sensibles à la lumière; l'image finale est toutefois formée par du platine précipité. Il existe de nombreux procédés différents; l'un, par exemple, comporte des sels de platine déjà incorporés à l'émulsion et d'autres dans lesquels le platine n'est ajouté qu'au cours
du développement. Ce dernier procédé utilise des oxalates pour le développement, soit en solution chaude soit en solution froide.
Il existe de nombreuses variantes et cela d'autant plus que les photographes avaient l'habitude de préparer leurs propres papiers au platine. Comme le procédé au platine n'utilise pas de couche colloïdale, l'image est directement prise dans les fibres du papier. Les épreuves au platine donnent des tons noirs très riches, une gamme de valeurs précises et des images absolument permanentes. En raison du coût grandissant du platine, le procédé, surtout populaire en Amérique il y a environ soixante ans, est tombé en désuétude. Pendant un certain temps, on a utilisé du palladium à la place du platine; le palladiotype se maniait de manière analogue au platinotype.
Il ne faut pas confondre le platinotype avec les papiers de tirages virés au platine.

Papiers à noircissement direct

Il s'agit de papiers positifs pour tirage par contact en lumière du jour, utilisant des halogénures d'argent (en général du chlorure d'argent) comme sels photosensibles et contenant un excès de nitrate d'argent. Au cours de l'exposition, de l'argent métallique se forme, donnant directement une image visible dont l'intensité progressive peut être surveillée au cours du tirage même. Après l'exposition, on peut soit fixer directement l'image soit lui donner une tonalité plus agréable en virant avec les sels de certains métaux précieux (or ou platine). Certains papiers de tirage par contact contenaient déjà des sels de virage à l'or (papiers auto-vireurs). Les papiers à noircissement direct nécessitent un négatif ayant les mêmes dimensions que l'image finale et étaient en faveur en photographie commerciale il y a un demi-siècle et plus. Selon le colloïde comportant les halogénures d'argent et sels d'argent, il y avait des papiers à noircissement direct à l'albumine, à la gélatine ou au collodion.

Papier à noircissement direct à la gélatine
Papier de tirage aux halogénures d'argent additionnées de sels d'argent libres dans une couche de gélatine; se manipule de manière analogue au papier à l'albumine ou au collodion à noircissement direct. Les papiers à noircissement direct à la gélatine donnent des épreuves par contact analogues aux photographies actuelles mais comportant en général une tonalité plus brune. Ils furent largement utilisés pour le tirage des photographies commerciales et des portraits.

Papier salé

Le plus simple de tous les papiers de tirage peut être fabriqué à la maison et implique de traiter des papiers de dimension moyenne dans une solution de sel de cuisine (chlorure de sodium). Le papier_ est ensuite sensibilisé par flottage sur une solution de nitrate d'argent. Cette opération forme du chlorure d'argent, l'excès de nitrate d'argent reste dans le papier pour aider à la formation de l'image visible. Après exposition en lumière du jour, l'image est virée par un sel de métal précieux puis fixée. Comme les produits chimiques formant l'image sont directement absorbés par la texture du papier, les images ont une surface mate sans aucun aspect luisant.
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